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Environnement et transportsFrançois HollandePS
Réduire à 50 % la part du nucléaire dans le mix énergétique

NON CHIFFRABLE retour

proposition

Réduire de 75 à 50 % la part du nucléaire dans la production électrique française, d'ici 2025. Pour cela, il faudra fermer les centrales en fin de vie, diminuer fortement la consommation d'énergie et augmenter massivement la production d'énergies renouvelables, en soutenant la création et le développement de filières industrielles dans ce secteur. L'exploitation de la centrale de Fessenheim sera immédiatement arrêtée. Le chantier EPR de Flamanville sera achevé. La sûreté maximale des installations sera garantie et la modernisation de l'industrie nucléaire poursuivie.
« Mes 60 engagements pour la France », François Hollande, 26/01/2012
François Hollande, conférence de presse aux Universités d'été du Parti socialiste, La Rochelle, 27/08/2011
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chiffrage

L’objectif de réduction de la part du nucléaire dans la production énergétique française est cohérent avec le contenu de l’accord PS-EELV (voir le chiffrage). En l’absence de précisions sur les mesures pour maîtriser la demande d’électricité, l’échéancier des fermetures ainsi que la nature de l’énergie de remplacement, il n’est pas possible d’estimer le coût de la transition énergétique pour la seule période du prochain quinquennat. En revanche, il est possible d’avancer un coût pour la fermeture du parc nucléaire de Fessenheim, en prenant en considération l’économie annuelle via les charges d’exploitation et les investissements de maintenance, ainsi que le coût de rachat de l’énergie via l’hypothèse de rachat sur le marché et l’hypothèse de la construction d’une centrale à gaz en remplacement.

  Voir le détail du chiffrage

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Détail du chiffrage

SOURCES

  • Charges de service public de l'électricité, investissements dans les réseaux électriques et gazier, Commission de régulation de l'énergie
  • Rapport de la programmation pluriannuelle des investissements, Ministère de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement, juin 2009
  • Rapport sur la maîtrise de la pointe électrique, avril 2010
  • Rapport sur l'industrie des énergies décarbonées en 2010, 2011
  • Rapport de la Commission sur le prix de l'accès régulé à l'électricité nucléaire historique, mars 2011
  • Plan d'action de la France en matière d'efficacité énergétique, juin 2011
  • Comptes du logement, mars 2011
  • Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME)
  • Projected costs of generating electricity, Agence internationale de l’énergie, 2010
  • http://www.impots.gouv.fr
  • Bilan prévisionnel de l'équilibre offre-demande d'électricité en France, RTE

COMMENTAIRE DU CHIFFRAGE


L’engagement de ramener la production nucléaire à 50 % en 2025 est cohérent avec l’accord PS-EELV

D’après RTE[1], la production nucléaire a été de 407,9 TWh en 2010, pour une offre totale de 548,7 TWh, soit une part du nucléaire de 74,3 %. Dans sa variante « Nucléaire Bas »[2], RTE propose une vision en 2030 correspondant à une réduction de 25 GW de la capacité nucléaire installée, dans laquelle l’offre de production est de 541 TWh et la production nucléaire de 283 TWh, ce qui représente une proportion de 52 %. La diminution de 25 GW de la capacité installée correspond à une mise hors service de 27 ou 28 réacteurs de 900 MW.

Il faut noter que dans la vision de référence, dans laquelle la production nucléaire est maintenue à son niveau actuel, la consommation nationale continue sa progression, et les exportations restent fortes, la part du nucléaire dans la production est à 67 %. La ramener à 50 % dans ce scénario d’évolution de l’offre nécessiterait la fermeture d’une vingtaine de réacteurs.

En ordres de grandeur, la proposition de fermer 24 centrales et la proposition de ramener la proportion du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % sont cohérentes entre elles, même si l’absence d’engagements sur le nombre de fermetures donne plus de souplesse pour parvenir à l’objectif en fonction de l’atteinte des objectifs de réduction de la demande.

Notons toutefois que la variante « Nucléaire Bas » de RTE inclut une hypothèse de réduction de la demande issue de la variante « MDE renforcée ». Cela conduit à une valeur inférieure de 86 TWh à la valeur de référence pour 2030, soit une annulation des exportations, qui baissent de 66 TWh, et une diminution de la consommation nationale de l’ordre de 20 TWh. Bien qu’aucun objectif ne soit donné en termes de consommation d’électricité, il est cohérent de penser que la proposition du candidat se situe dans cette perspective.

Les mesures pour maîtriser la demande d’électricité mériteraient d’être détaillées. L’échéancier des fermetures, ainsi que la nature de l’énergie de remplacement, mériteraient également d’être détaillées. En l’état, il n’est pas possible de mesurer le coût de la transition énergétique pour la seule période du prochain quinquennat.

Le coût de la fermeture de Fessenheim

La production des deux réacteurs de Fessenheim est d’environ 12 TWh.

En cas de fermeture du parc nucléaire historique, l’économie annuelle est celle des charges d’exploitation et des investissements de maintenance. La Cour des Comptes, dans son récent rapport[3], a évalué les charges annuelles d’exploitation du parc nucléaire d’EDF à 10 Mds€ (dont 740 M€ correspondent aux charges de désactualisation de la provision pour les combustibles usés et déchets déjà produits et ne seront donc pas économisés en cas d’arrêt[4]). Le montant prévisionnel des investissements de maintenance annuels est de 3,7 Mds€, en incluant les investissements liés à l’effet Fukushima. Le total de 13 Mds€ annuels, ramené à la production de l’ordre de 410 TWh, représente une économie de l’ordre de 32 €/MWh[5].

Le rachat de l’énergie coûte quant à lui :
- de l’ordre de 55 à 60 €/MWh sur le marché, qui intègrent un coût du CO2 de l’ordre de 8 €/t actuellement ;
- de l’ordre de 70 €/MWh dans l’hypothèse de la construction d’une centrale à gaz en remplacement, avec un coût du CO2 de l’ordre de 20 €/t.

 Ces deux hypothèses donnent des surcoûts de l’ordre de 276 M€ à 456 M€ annuels. On peut estimer que l’hypothèse basse vaut à très court terme, et que l’hypothèse haute vaut à plus moyen terme. Une bonne approximation consisterait à retenir 300 M€ annuels.

 Le surcoût de l’anticipation du démantèlement est marginal par rapport à cette valeur : les opérations de démantèlement des installations existantes d’EDF sont évaluées à 18,4 Mds€ par EDF[6], soit environ 300 M€ par réacteur, 600 M€ pour les deux tranches de Fessenheim. L’anticipation du décaissement de dix ans (décaissements en 2020 au lieu de 2030) représente un surcoût de 170 M€ environ (actualisé à 4 % évalué en 2012 vu d’aujourd’hui).

 En résumé, le montant annuel du coût de la fermeture de Fessenheim peut être évalué à 300 M€, auquel il convient d’ajouter un montant de désactualisation de la charge de démantèlement de l’ordre de 170 M€.



[1] Bilan prévisionnel de RTE, p.83.
[2]
Ibidem, p.117.
[3]
http://www.ccomptes.fr/fr/CC/documents/RPT/Rapport_thematique_filiere_electronucleaire.pdf
[4]
Ce calcul suppose le reclassement du personnel sur site et, en proportion, de personnels dans les services centraux, ainsi que la fin du paiement des impôts et taxes liés au site, ce qui n’interviendra en pratique qu’après la fin du démantèlement.
[5]
Nous avions retenu une économie de 33 €/MWh en cas de fermeture d’une centrale du parc nucléaire historique dans le chiffrage complet de la proposition EELV-PS, ce chiffre est ainsi corroboré par le résultat de la Cour.
[6]
Rapport de la Cour des Comptes.

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déchiffrage

Pour
  • François Hollande

  • Jean-Luc Mélenchon

  • Parti Socialiste

  • Jean-Vincent Placé et Michel Sapin

    « Il est prévu […] que la part du nucléaire dans la production d'électricité en France passera à l'horizon 2025 de 75% à 50%. Cette évolution progressive [sera accompagnée] d'un plan de reconversion permettant de maintenir le nombre d'emplois, par la mise en œuvre de centres d'excellence du traitement des déchets et du démantèlement. » AFP , 17-11-2011

  • Europe Ecologie - Les Verts

  • Nicolas Hulot

    « Au-delà des aspects économiques, je considère qu'en l'état actuel de notre technologie, la sortie du nucléaire est d'abord un objectif moral incontournable. S'accommoder des événements de Fukushima ou de Tchernobyl est incompatible avec l'idée d'une civilisation. » www.jdd.fr, 13-11-2011

  • Martine Aubry

    « Sur le nucléaire, nous ne pouvons pas rester à mi-chemin. Je pense qu’il faut sortir du nucléaire et mettre le maximum d’argent sur les énergies renouvelables et la baisse de la consommation. Voilà pourquoi je propose que l’on embauche 7 000 jeunes pour faire les bilans thermiques dans chaque logement et ensuite effectuer les travaux nécessaires. »   Libération, 20-09-2011

  • Jean-Luc Mélenchon

  • Marine Le Pen

  • Jean-Marc Ayrault

    « La filière nucléaire ne va pas disparaître. Il y a la construction de l'EPR de Flamanville, qui sera le dernier. Mais c'est aussi des investissements constants, notamment parce qu'il faut renforcer la sécurité. C'est aussi la reconversion, et nous aurons besoin, en France et dans le monde, de travailleurs, de salariés, de techniciens, d'ingénieurs dans la filière nucléaire. Et en même temps, nous allons développer d'autres filières. »
      www.europe1.fr, 17-11-2011

  • Laurence Rossignol

    secrétaire nationale du PS chargée de l’environnement

    « En France, le nucléaire n'est pas qu'une source d'énergie, il est aussi un fleuron industriel, des technologies et des compétences. […] En se situant dans un horizon de réduction de la part du nucléaire dans notre bouquet énergétique, nous complétons, en allant plus loin, la demande de moratoire sur les capacités nouvelles. » Rue89, 17-03-2011

  • Anne Lauvergeon

    ancienne présidente du directoire d’Areva

    « Par quoi l'Allemagne va-t-elle remplacer son nucléaire ? Du charbon ? Du gaz ? Ça veut dire plus de CO2. [...] L'Allemagne devra donc importer de l'électricité venue de pays ayant tous des programmes nucléaires. Où est la logique ? »     Le JDD, 05-06-2011

Contre
  • Nicolas Sarkozy

  • Nicolas Sarkozy

  • François Fillon

    « L’arrêt du nucléaire civil consiste à sacrifier l’un des rares avantages compétitifs de la France par rapport aux autres pays européens. » www.liberation.fr , 17-11-2011

  • Eric Besson

    « Ce choix reste pertinent, parce que la France a acquis ainsi une forte indépendance énergétique ; elle dispose ainsi d'une électricité 40 % moins chère que dans la moyenne des autres pays européens. Les ménages allemands par exemple paient leur électricité deux fois plus cher. » Le Monde, 30-05-2011

  • Eric Besson

    « La fin de la filière nucléaire, ça veut dire une électricité payée extrêmement chère par nos industriels, donc [des] délocalisations inéluctables, des pertes d'emplois par dizaines de milliers voire centaines de milliers, […] plus de gaz à effets de serre [...], moins d'exportations et même un déficit accru en termes énergétiques, […] une dépendance à l'égard de l'étranger qui serait considérablement accrue. » www.leparisien.fr, 16-11-2011

  • Jean-François Copé

    « Nous sommes à 85 % d'indépendance grâce au nucléaire. […] C'est aujourd'hui un élément majeur de la puissance industrielle de la France, sachant que tout cela et les autorités indépendantes nous le confirment, sont faits dans des conditions de sûreté remarquable. » RTL, 30-05-2011

  • Nathalie Kosciusko-Morizet

    « Le nucléaire fera partie du bouquet énergétique de la France pendant des décennies. […] La France, qui a un haut niveau d'exigence en matière de sécurité et de sûreté nucléaire, est investie et c'est bien qu'elle le reste. […] On réduit la part du nucléaire, mais on le fait en faisant monter une autre industrie nationale, celle des nouvelles technologies […]. Je pense que sous-investir dans le nucléaire est un risque pour la sûreté nucléaire. » Europe 1, 30-10-2011

  • Xavier Bertrand

    « 400 000 emplois directs seront supprimés si l'accord entre les Verts et les socialistes voit le jour, 1 million avec l'ensemble de la filière. [Il faudrait] 220 milliards pour démanteler [les centrales]. La filière nucléaire compte à l'exportation. » www.leparisien.fr, 17-11-2011

  • Valérie Pécresse

    « La note va être salée en termes de coût de la facture énergétique, donc de la note d'électricité (+ 50 %), de perte d'emplois (il y a plusieurs centaines de milliers d'emplois qui sont concernés par l'abandon du nucléaire), et elle va être salée en termes d'indépendance, parce que nous aurons parfois des problèmes pour nous approvisionner. » www.leparisien.fr, 16-11-2011

  • Pierre Lellouche

    « Une sortie, même partielle, du nucléaire ne peut qu'aggraver notre déficit extérieur, surtout avec un baril qui ne cessera d'augmenter avec la croissance des émergents. » www.lci.tf1.fr, 17-11-2011

  • Jean-Pierre Chevènement

    « C'est un atout de premier ordre pour l'industrie française, c'est un secteur public, qui procure quand même 140 000 emplois. […] Nous n'avons pas investi dans le nucléaire 500 Mds€ depuis un demi-siècle pour les voir partir en fumée. » Le Monde, 14-11-2011

  • Henri Proglio

    président-directeur général d’EDF

    « Cela augmenterait probablement de 50 % les émissions de gaz à effet de serre à cause de l’utilisation du charbon, du gaz et du pétrole pour remplacer le nucléaire. […] Cela impliquerait aussi un investissement de 400 Mds€ pour remplacer le parc existant par des moyens de production alternatifs, ce qui se traduirait par un doublement de la facture d’électricité. […] Au total, 1 million d’emplois serait mis en péril et cela coûterait entre 0,5 et 1 point de PIB. » Le Parisien, 08-11-2011

  • Lionel Taccoen

    ancien ingénieur d'EDF, auteur du Pari nucléaire français

    « C’est une décision absurde parce qu'elle interviendra au moment où ces réacteurs seront largement amortis sur le plan financier [...] Dans la majorité des cas, c'est le gaz, l'une des énergies les plus compétitives, qui se substituera aux réacteurs arrêtés. […] Les prix de l'électricité en France grimperont de 30 à 40 %. […] En cette période de rigueur économique, la décision d'amputer massivement le parc nucléaire correspond à un grand laxisme budgétaire. »

      www.lefigaro.fr, 15-11-2011

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